Laafi bala

Le projet LAAFI BALA s'inscrit dans les actions de la commission solidarité locale et internationale du CREM (Comité Régional des Etudiants en Médecine) de Poitiers. Nous sommes 10 étudiants de 3ème année, aidés de nos amis de 2ème année, à réaliser ce projet visant à aider une assocition du Burkina : VIVRE. L'objectif est d'apporter des soins aux enfants de Ouaga et de Bobo.

06 septembre, 2006

A Yalgado :


Nous étions au service de pédiatrie aux côtés des assistantes maternelles de Vivre APED. Les chambres sont composées de 6 à 8 lits, les enfants sont accompagnés de leur maman et bien souvent de plusieurs frères et soeurs. Chaque famille apporte de quoi cuisiner, des pagnes et des nattes pour dormir, de quoi faire un brin de ménage. L’hôpital ne fournit rien et tous les frais médicaux sont à la charge des familles car la SECU n’existe pas.

Nous commencions la matinée en faisant le tour des chambres avec les assistantes maternelles. Elles recommandent aux mères de refaire le lit de l’enfant, en réalité secouer et reposer sur le matelas le pagne qui sert de drap ! Elles s’assurent que tout soit rangé (en général les gens planquent leur ballotin sous le lit !) avant que les soins ne commencent. Le 1er jour nous avons été choqués par l’odeur qui règne dans cet hôpital. En effet, dans chaque chambre se regroupe une bonne vingtaine de personnes. Le ménage n’est fait qu’exceptionnellement. Il n’est pas rare de voir toute une matinée durant une marre d’urine au milieu d’une chambre…

Après ce petit tour, nous passions la matinée auprès des enfants pour jouer. Nous avions apporté des mikados, des puzzles, des cubes, des jeux de cartes, des jeux d’éveil pour les bébés, des cordes à sauter… Bref, il y en avait pour tous les âges. Même les mamans participaient : elles n’hésitaient pas à emprunter à leurs enfants les puzzles !!! Les quelques enfants qui étaient scolarisés, qui parlaient donc français, n’hésitaient pas à nous aider en traduisant les règles du jeu à leurs petits camarades. Des petits groupes se formaient dans les chambres pour les moins valides, ou dehors pour les jeux plus mouvementés.

Les enfants hospitalisés dans ce service souffrent principalement de paludisme,de malnutrition, de cancers, de divers problèmes rénaux (malformations, insuffisance rénale…). Nous n’y avons passé que 15 jours mais nous n’avons pas vu beaucoup d’enfants ressortir en pleine forme. Un des bébés qui nous a le plus marqué été âgé de 11 mois et ne pesait que 5kg. Il perdait presque 100g chaque jour et sa maman ne pouvait plus assurer financièrement ses perfusions. Les règles d’hygiène ne sont peu voire pas respectées, faute de moyens. Les enfants se baladent avec leur perfusion, posée depuis plusieurs jours, vide, à la main, fixée par un sparadrap noir de poussière et autre… Les soins sont prodigués dans des conditions plus que précaires : un minuscule bout de coton marron, imbibé d’une goutte d’alcool. En revanche chaque matin, le pédiatre, entouré de son interne et d’un infirmier fait sa visite pendant plus de 2h. C’est à cette occasion qu’il prescrit les examens complémentaires (se résumant le plus souvent à une prise de sang ou une radio) et qu’il donne un nouveau traitement quand la famille peut payer.

Nous avons également visité les urgences pédiatriques : un long couloir vert distribue une dizaine de « chambres ». Là aussi l’odeur est insupportable. Les enfants qui y sont accueillis sont bien souvent dans un état très grave de malnutrition ou à un stade de la maladie très avancé. La saison des pluies étant bien engagée fin juillet, les cas de palu graves se démultipliaient et les urgences débordaient. Certaines familles n’ayant pas de chambres étaient entassées dans le couloir.

Yalgado est l’hôpital général de la capitale mais il ne bénéficie pas pour autant d’aide financière de la part de l’état. Les conditions d’accueil et de soins sont déplorables. Des amis burkinabé ne travaillant pas à l’hôpital, nous ont dit que Yalgado avait une réputation de mouroir et que les gens ne s’y rendaient que lorsque leur situation était devenue vraiment grave.