le témoignage de Caro
Bonjour!
Je m'appelle Caroline, j'ai 22 ans, et cet été je suis partie avec l'association "laafi bala" au Burkina faso pendant 3 semaines. On me demande si c'était bien. Je réponds que c'était un voyage magnifique. Mais en fait, ça veut dire quoi partir 3 semaines en voyage à visée humanitaire? Comment un voyage dans un pays si pauvre peut-il être magnifique?
Partir au Burkina Faso ça veut dire aller à la rencontre des burkinabé (un mot qui ne s'accorde pas, merci Alpha!!) et ça c'est un voyage dans un pays très riche: les burkinabé sont non seulement accueillants, très sympas, mais il fait aussi bon vivre à leurs côtés! Dans ce pays où trois religions se côtoient (l'animisme, la religion musulmane et la religion catholique) les hommes vivent en paix, ne se jugent pas et passent beaucoup de temps à rire quand ils ont l'occasion de se reposer. Lors de la dernière semaine de notre voyage nous étions à Bobo Dioulasso, capitale économique du pays, et nous nous occupions d'un groupe de jeunes de 12 à 19 ans qui faisait partie d'un centre qui leur apprend la menuiserie. Le centre les loge et les nourrit au besoin car ces enfants sont sélectionnés parmi les enfants de la rue. Les animateurs, au nombre de quatre (Jean-Mathieu, Pascal, ... et ...), sont complètement dévoués à leur cause, et pour eux il n'y a pas de congé, pas de vacances, pas de dimanche. Les enfants sont là, il faut qu'ils s'en sortent, alors chaque jour ils sont là pour eux et ça c'est représentatif de la plupart des gens que nous avons rencontré au Burkina faso. Les deux premières semaines, notre groupe (10 étudiants en médecine entre la 3ème et la 4ème année) se trouvait à Ouagadougou, capitale tout court, et nous allions par petits groupes, à tour de rôle, accompagner les secouristes de VIVRE APED dans leurs tournées matinales (qui peuvent durer jusque 15 heures au besoin) en ambulance. Nous participions aux soins, et très vite nous étions trop nombreux pour soigner les enfants car il n'y a qu'un brancard et pas beaucoup de place, et alors Abou, secouriste et ambulancier car détenteur du permis de conduire, partait jouer avec les quelques 80 curieux qui s'étaient approchés de l'ambulance et on les entendait éclater de rire. Ce sont des moments que l'on oublie pas, cette vision extraordinaire d'un immense attroupements d'enfants, habillés avec ce qu'en France on appellerait des haillons, qui sont morts de rire parce que la Blanche leur apprends "et tchic et tchac, les pouces en avant...". Les petits qui viennent de se faire soigner et qui ont un beau bandage tout blanc se remettent illico à jouer au foot dans la terre pieds nus et courent après l'ambulance quand les "Nassarah" (les blancs) et les secouristes repartent vers un autre quartier...
Alors oui, comme dans tout pays du Tiers-Monde, les gens sont très très très pauvres (le salaire moyen d'un burkinabé est de 75 € par mois, et l'essence et le gasoil sont au même prix qu'en France j'espère que ça vous parle!) et bien sûr les Blancs représentent la richesse. Oui on s'est fait avoir pas mal de fois, certaines personnes ont bien essayé de nous berner, de nous forcer à acheter leur artisanat, et on a trouvé certaines demandes osées, mais vraiment, très sincèrement on ne peut que comprendre. Les relations entre un français et un burkinabé sont forcément fragiles au début car il y a l'argent que l'un pourrait décider de donner à l'autre, va t'il le faire, est ce que je tente, pourquoi cherche t'il à être ami avec moi, etc...mais je vous assure qu'on a rencontré des tas de gens qui se sont dévoués pendant notre séjour pour notre confort, pour nous guider, pour nous soigner (merci Sulaiman pour ton immense générosité!) et qui ne nous ont rien demandé en échange!!
Partir au Burkina Faso, c'est aussi des paysages incroyables (pendant le voyage en car d'une durée de 6 heures de Ouagadougou à Bobo ouvrez grand vos mirettes entre vos siestes chers nouveaux D1 vous emporterez avec vous quelques scènes de vie dans la campagne africaine...), des odeurs très fortes, une météo étonnante (tiens?le vent se lève!Mais le ciel devient rouge!c'est une tornade ou quoi?vous croyez qu'il va pleuvoir?Ah ok tous aux abris!!), et quand on en revient on ne se dit plus bonjour ou au revoir en serrant la main mais en se faisant claquer les doigts et ça change tout!!
Ce voyage m'a fait découvrir un pays, une mentalité, des façons de vivre ("mais laisse pousser le baobab..."), la pauvreté, le courage, des besoins, des réponses à trouver, une envie d'agir, des gens formidables, et aussi je tenais à le préciser un groupe de "nassarah" qui ne se connaissait pas beaucoup avant de venir et qui s'est très bien entendu quelles que soient les situations et ça aussi c'était très important.
Maintenant c'est la rentrée et on va agir, alors à bientôt pour la suite des évènements!!!!

















